Communiqué de presse

‘Au-delà des chiffres’ : un nouveau rapport publié par UNIFEM sur la situation des femmes sur le marché du travail en Europe orientale

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Date: 13 juin 2006

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(1) Oisika Chakrabarti, Sp´┐Żcialiste de la presse, Direction Générale d’ONU Femmes, +1 646 781-4522,
(2) Asya Varbanova, , Central and South-Eastern Europe Sub-Regional Office, +421 259 337328,

Paris et New York — Une étude présentée cette semaine à Paris par le Fonds de développement des Nations pour la femme (UNIFEM) avec la collaboration de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe examine la situation des femmes sur le marché du travail dans les pays d’Europe centrale et orientale et dans l’ouest de la Communauté d’États indépendants (CEI), dans le contexte des changements sociaux et économiques qui ont eu lieu dans la région durant les 15 dernières années.

S’appuyant sur des données statistiques provenant de la base des données de la Commission économique pour l’Europe sur la condition féminine, l’étude intitulée “The Story Behind the Numbers: Women and Employment in Central and Eastern Europe and the Western Commonwealth of Independent States” (Au-delà des chiffres : les femmes et l’emploi en Europe centrale et orientale et dans l’ouest de la Communauté d’États indépendants) analyse les tendances de la participation de la main-d’œuvre masculine et féminine durant la transition vers l’économie de marché dans 18 pays d’Europe orientale et évalue leurs incidences sur la sécurité économique des femmes et des hommes.

Comme l’analyse se borne au contexte social, politique et économique de cette transition, l’étude met en lumière plusieurs questions qui ne trouvent pas de réponse satisfaisante dans les statistiques disponibles, notamment sur les changements survenus dans la situation et le niveau de salaire dans le secteur public par rapport au secteur privé, sur la prépondérance de différentes formes d’emploi non structuré et la proportion d’hommes et de femmes dans ces emplois. L’étude illustre les divers aspects de la dégradation de la sécurité économique des femmes à la suite du démantèlement du socialisme d’État et indique quelles données seraient nécessaires pour bien mesurer l’évolution de la situation des femmes et des hommes sur le marché du travail.

Osnat Lubrani, la directrice régionale de programme d’UNIFEM pour l’Europe centrale et orientale, a déclaré que la base des données de la Commission pour l’Europe s’est avérée essentielle pour l’analyse contenue dans l’étude, en notant qu’il était très important de s’attacher à renforcer cette base pour disposer de statistiques comparables de la situation économique des femmes. Des indicateurs partiels de l’inégalité entre les sexes, présentés hors du contexte socioéconomique plus large peuvent donner lieu à des conclusions inexactes  sur la situation réelle, tout en occultant les difficultés économiques, la discrimination et la baisse du niveau de vie de beaucoup de femmes.

Les statistiques existantes indiquent que la transition n’a pas donné lieu à une forte aggravation de l’inégalité entre les sexes, puisque la situation des hommes s’est également dégradée en même temps que le niveau de vie et les conditions de travail de la plupart des habitants ont empiré, mais le rapport fait ressortir certaines tendances qui laissent supposer une détérioration probable à long terme de la situation relative des femmes. Par exemple, en comparaison avec les premières années de la transition, une plus grande partie des employés du secteur public sont des femmes, alors que la grande majorité des hommes actifs, en particulier dans les États membres de l’Union européenne (UE), travaillent maintenant dans le secteur privé. Et surtout, les conséquences du travail dans le secteur public, où les emplois sont moins prestigieux et moins rémunérés, sont devenues plus onéreuses du fait du retrait, depuis le début de la transition, des subventions publiques aux garderies d’enfants et autres services. En outre, alors que les femmes dans la région sont en moyenne plus éduquées que les hommes, leur revenu est sensiblement moins élevé, dans tous les secteurs et toutes les professions.

Le taux d’activité des jeunes femmes par rapport à celui des jeunes hommes a diminué fortement, alors que parmi les groupes plus âgés on observe l’inverse. On peut attribuer le faible taux d’activité des jeunes femmes à leur scolarisation élevée, à la difficulté de trouver du travail, à leur tendance à abandonner leur travail pour élever des enfants. Le congé des parents, qui est pris surtout par les femmes, fait que dans de nombreux pays les employeurs sont peu enclins à engager des jeunes femmes ou à investir dans leur formation, alors que les femmes elles-mêmes éprouvent des difficultés à reprendre l’emploi; elles peuvent aussi perdre leurs compétences durant leur absence. Les politiques suivies ne cherchent plus à aider les femmes à concilier travail et famille. Elles ont plutôt renforcé l’idée traditionnelle que les femmes sont là simplement pour procréer et ces mêmes politiques ont réduit ou permis la dévaluation des subventions de l’État aux garderies d’enfants, aux congés de maternité et aux congés donnés à un parent quand un enfant est malade.

L’étude donne enfin des recommandations spécifiques pour améliorer les données disponibles, notamment celles qui ont trait à la mise au point de systèmes statistiques nationaux dans la région et leur harmonisation avec les normes internationales et européennes, et pour développer de nouvelles données et analyses conçues afin de mieux comprendre et mieux faire montrer les disparités entre les sexes. Notamment, il importe tout particulièrement d’établir des données sur le travail non structuré, sur les liens entre emploi et vie familiale, sur la corrélation entre les disparités entre les sexes et autres handicaps, ainsi que sur les migrations et la traite des personnes.

L’étude propose également que des mesures soient prises pour améliorer la situation désavantageuse des femmes sur le marché du travail. Trois mesures sont préconisées : un meilleur accès des femmes au travail décent rémunéré, la possibilité pour les femmes et les hommes de mieux concilier travail et vie familiale grâce à différents régimes fiscaux, et l’adoption d’un système transparent de qualification des emplois et d’établissement des salaires, selon le principe “à travail égal salaire égal”.


“The Story Behind the Numbers: Women and Employment in Central and Eastern Europe and the Western Commonwealth of Independent States” peut être consulté au site web de l'UNIFEM.

Pour plus amples renseignements, s’adresser à la coordonnatrice du rapport, Asya Varbanova, asya.varbanova[at]unifem.org, tél. +421 2 59337 328