Communiqué de presse

L’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNIFEM Nicole Kidman et la Directrice exécutive de l’UNIFEM Inés Alberdi soulignent en Haïti que l’égalité des sexes est essentielle au relèvement

Leur visite met en évidence le besoin crucial d’intégrer des stratégies de lutte contre la violence sexiste et d’améliorer les opportunités économiques offertes aux femmes

Pour le dégagement immédiat
Date: 30 juillet 2010

Contacter:
Oisika Chakrabarti, Spécialiste de la presse, Direction Générale d'UNIFEM, +1 212 906-6506,

Nations Unies, Port-au-Prince — Au cours d’une visite qui a pris fin aujourd’hui, Inés Alberdi, Directrice exécutive du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM, faisant partie de ONU Femmes) et l’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNIFEM Nicole Kidman ont souligné qu’il convenait de lutter avec urgence contre la violence sexiste frappant la population touchée par la catastrophe ainsi que d’appuyer les initiatives à long terme visant à améliorer les moyens de subsistance des femmes dans le cadre des efforts de reconstruction. En Haïti, Mmes Alberdi et Kidman ont rencontré les victimes de violences vivant dans un camp provisoire, des responsables haïtiens et hauts fonctionnaires de l’ ONU, ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales nationales travaillant à répondre aux besoins de femmes dans le cadre des efforts de relèvement suite au tremblement de terre dévastateur.

« Au cours de ce séjour, j’ai pu constater par moi-même l’impact de cette catastrophe humanitaire sur les femmes et les filles. L’absence de refuges et de sécurité les rend plus vulnérables à la violence, en particulier à la violence sexuelle » a souligné l’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNIFEM Nicole Kidman. « Et pourtant, j’ai pu admirer la détermination et la résistance dont font preuve les femmes et les hommes d’Haïti pour reconstruire leur pays. Je me suis rendue aujourd’hui dans un refuge temporaire pour des femmes et des filles ayant subi ou risquant de subir des violences sexuelles, dont les dirigeantes travaillent à assurer des services médicaux et juridiques ainsi qu’un accompagnement psychosocial et une formation sur les moyens de subsistance. Cela doit être fait sur une grande échelle, et celles-ci ont besoin de votre appui pour ce faire » a-t-elle ajouté.

La violence contre les femmes et les filles était à un niveau élevé avant même le tremblement de terre. Un recensement national réalisé en 2006 a montré qu’une femme sur trois avait subi des violences en Haïti. Les femmes d’Haïti assument par ailleurs de manière disproportionnée le fardeau des soins en faveur des enfants et des autres dépendants de la famille. Environ 45% des ménages sont dirigés par des femmes, dont beaucoup sont en situation de pauvreté totale, en raison des faibles niveaux d’éducation et du manque d’opportunités sur le marché du travail officiel. Le revenu annuel moyen des femmes en Haïti est de 626 dollars, contre 1.695 pour les hommes. Les réunions organisées au cours de la visite avec les défenseuses des femmes ont montré que priorité doit être donnée à l’autonomisation des femmes, et qu’il convient notamment sans délai d’intégrer les femmes aux programmes de création d’emplois et de leur fournir l’accès au crédit et aux opportunités de formation en vue d’assurer des moyens de subsistance durables.

« Les femmes d’Haïti travaillent dur pour reconstruire les différents pans de leur existence, mais elles ont besoin d’un appui approprié et durable au niveau de la sûreté et de la sécurité » a indiqué Inés Alberdi, Directrice exécutive de l’UNIFEM. « Il est également crucial de répondre aux besoins de développement à long terme des femmes, tels que les opportunités de revenu et la reconstruction des écoles pour leurs enfants. Il convient, pour garantir leurs droits et mettre en place une politique intelligente au niveau du développement et de la sécurité, de donner une place centrale aux femmes dans la planification des secours et du relèvement après la catastrophe. Un financement conséquent doit être consacré afin de renforcer l’égalité des sexes, cette dernière devant se voir accorder un caractère prioritaire en Haïti. Nous devons appuyer les efforts déployés par les femmes et les hommes d’Haïti en vue d’édifier une société plus juste et durable au lendemain de cette stratégie » a-t-elle conclu.

A Port-au-Prince, Mmes Kidman et Alberdi ont rendu visite au seul refuge pour victimes de violences en Haïti, géré par l’organisation Kay Fanm, un partenaire de l’UNIFEM. Le bâtiment de l’installation ayant été détruit au cours du tremblement de terre, 13 jeunes filles, dont quelques unes avec leurs enfants, ont trouvé un refuge temporaire.

Aujourd’hui, les tentes ont laissé la place à des cabines en contreplaqué, fournissant un peu de protection contre les pluies torrentielles pendant la saison humide. Pour les jeunes femmes et filles, c’est un havre de sécurité: « Je me sens en sécurité. J'ai trouvé refuge, j'ai à manger et je peux me concentrer sur mes études » a dit une des filles qui vit dans le refuge de l'organisation après avoir été kidnappée et abusée l'année dernière. Elle peut maintenant aller à l'école et continuer sa formation, espérant pouvoir être pédiatre un jour.

« La lutte contre la violence sexuelle et physique a été au cœur des initiatives déployées par nos partenaires de la société civile et le gouvernement pour promouvoir les droits fondamentaux des femmes en Haïti pendant des années » a souligné Kathy Mangones, Administratrice du programme de pays de l’UNIFEM en Haïtii. « Le travail que l’UNIFEM mène à bien avec eux au lendemain du tremblement de terre se base sur ces initiatives, et pourtant, aujourd’hui plus que jamais, des ressources suffisantes et une volonté politique déterminée sont requises » a-t-elle ajouté.

Lors d’une autre rencontre au cours de leur séjour en Haïti, Mmes Kidman et Alberdi ont rencontré une ancienne maîtresse d’école, qui essaie maintenant de fournir certaines activités éducatives dans le jardin de sa maison détruite aux enfants des refuges temporaires environnants.

Pour télécharger des photographies en haute résolution, veuillez consulter : http://www.flickr.com/photos/unifem/sets/72157624615347376/

L'UNIFEM en Haïti

L’UNIFEM travaille sur la programmation en Haïti depuis 2004, un bureau de pays ayant été créé en 2007. Le bureau de pays concentre son travail sur le renforcement de la sécurité économique et des droits des femmes, la fin de la violence contre les femmes et la promotion de la justice pour les femmes au niveau de la gouvernance démocratique. L’UNIFEM-Haïti travaille étroitement avec le ministère de la Condition de la femme et des Droits de la femme (MCFDF), les organisations de femmes enracinées dans la communauté locale et la société civile, y compris les dirigeants religieux traditionnels et les associations d’hommes, au lendemain du tremblement dévastateur de janvier et en partenariat avec les partenaires nationaux. L’UNIFEM-Haïti a eu pour priorité de faire face aux défis-clés, y compris en élaborant des stratégies pour la fourniture de services, la prévention et la réponse à la violence sexuelle et sexiste, donnant aux femmes la possibilité d’être entendues, et le renforcement de l’intégration des besoins des femmes dans la réponse humanitaire.

Pour les dernières nouvelles et le travail de l'UNIFEM, veuillez cliquer ici.

Pour de plus amples informations sur le bureau de l'UNIFEM en Haïti, veuillez cliquer ici.

L’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNIFEM Nicole Kidman et la Directrice exécutive de l’UNIFEM Inés Alberdi, devant les ruines de la maison de Hermione M. (au centre), une institutrice qui dirige désormais les activités éducatives avec les enfants des abris temporaires aux alentours. (Photo: UNIFEM/Catianne Tijerina.)
L’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNIFEM Nicole Kidman et la Directrice exécutive de l’UNIFEM Inés Alberdi, devant les ruines de la maison de Hermione M. (au centre), une institutrice qui dirige désormais les activités éducatives avec les enfants des abris temporaires aux alentours. (Photo: UNIFEM/Catianne Tijerina.)